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PIRLS : les propositions du ministre à côté des enjeux

vendredi 8 décembre 2017

Alors que les dernières évaluations Pirls sur la lecture pointent les difficultés des élèves français en compréhension fine des textes, le ministre répond par une dictée quotidienne, des préconisations de manuels et des lectures à haute voix. Bien à côté des enjeux réels pour le SNUipp-FSU.

PIRLS : les propositions du ministre à côté des enjeux

Les résultats de l’étude PIRLS* sont préoccupants pour l’école française.

Directement impliqué dans les politiques éducatives évaluées par cette étude, notamment les programmes de 2008, Jean-Michel Blanquer fait un diagnostic qui passe totalement à côté des enjeux. Pour remédier aux difficultés de compréhension en lecture, les propositions qui consistent à préconiser une dictée quotidienne, de la lecture à haute voix, à suggérer une kyrielle d’évaluations, à imposer une méthode ou un manuel “magique” et neuf heures de formation annuelles consacrées à la lecture ne répondent en rien au défi posé.

Pour le SNUipp-FSU, cette réponse du ministre est hors-sujet. L’étude Pirls, qui souligne la difficulté des élèves français dans la compréhension fine des textes et non dans les activités de déchiffrage, invite au contraire à dépasser les querelles de méthodes et les visions simplistes, pour mieux outiller les enseignantes et les enseignants en développant notamment une formation continue de qualité qui croise leur expertise à l’ensemble de la recherche.

Pour sortir d’une spirale négative réactivée à chaque nouveau rapport ou évaluation internationale, pour s’attaquer aux inégalités scolaires et permettre à tous les élèves de réussir, il est plus que temps d’investir massivement dans l’école, à la même hauteur que les pays comparables qui réussissent mieux que nous. Cela permettrait d’alléger les effectifs de toutes les classes, de développer les dispositifs d’aide aux élèves en difficulté, de remettre en place une véritable formation continue… Et il faut, plus largement, engager des politiques fortes s’attaquant aux inégalités.

Il faut préserver l’école des polémiques, assurer une continuité des politiques éducatives, conforter et accompagner les enseignantes et enseignants qui agissent au quotidien pour bâtir une école permettant de faire réussir tous les élèves.

* Tous les cinq ans, ce baromètre mesure dans cinquante pays les performances en lecture à la fin de la quatrième année de scolarité obligatoire (CM1 pour la France). Avec un total de 511 points, contre 520 en 2011, les élèves français sont désormais nettement distancés par rapport à la moyenne des pays de l’Union européenne (540). Alors que l’étude pointe une amélioration générale des résultats, la France affiche une baisse de 14 points depuis 2001, pendant que le score moyen des 24 pays européens de Pirls progressait de 6 points.

Analyses des raisons de cet échec par le Café Pédagogique
Des facteurs scolaires
(...) Les élèves ne manquent pas d’heures de cours en lecture et en français en général. L’école primaire français est la championne européenne en ce qui concerne le temps dévolu aux fondamentaux et dispose d’un temps consacré à la lecture en CM1 dans la moyenne OCDE.


[...] le faible niveau de formation des enseignants français en lecture du fait de la grande faiblesse de la formation continue. Les professeurs français sont deux fois moins nombreux à avoir suivi une formation récente que leurs collègues européens selon Pirls. Sur ce plan on peut dire que l’institution fabrique son échec.

Cette faiblesse de la formation continue se retrouve dans les pratiques pédagogiques. Les enseignants français demandent autant que leurs collègues de l’OCDE de retrouver des informations dans un texte ou de dégager les idées principales d’un texte.

Par contre ils sont nettement moins nombreux à demander de comprendre les textes. Ainsi ils sont deux fois moins nombreux à demander aux élèves de comparer le texte à des faits vécus ou à déterminer les intentions de l’auteur. [...]

La taille des classes est un élément à souligner, la France compte des classes nettement plus chargées que les autres systèmes d’enseignement. L’Education nationale concentre les faiblesses là où sont les difficultés et accompagne luxueusement les plus favorisés. C’est dans les écoles des quartiers défavorisés que l’on va trouver le plus d’enseignants contractuels ou très jeunes. Ce sont dans ces écoles que les professeurs sont le moins remplacés. C’est là que les problèmes d’AVS sont les plus criants et les Rased manquent le plus. Enfin c’est là où se concentrent les minorités ethniques qui ne parlent pas forcément le français à la maison.

... et non scolaires
Mais le faible niveau en lecture est surtout corrélé à la situation sociale. [...]

Seulement 43% des parents sont très satisfaits de leur école contre 65% dans l’OCDE. La France est avant avant dernière. Quant au degré de satisfaction des enseignants envers leur travail il est le plus bas de toute l’OCDE : 26% de très satisfaits contre 57% en moyenne.

[...] La réponse à apporter est sans doute d’abord dans la formation continue des enseignants. Mais elle est aussi dans une refonte du système éducatif. Il est grand temps de mettre des moyens dans les écoles des quartiers. Mais aussi dans l’encadrement social, médical et économique des familles des quartiers. Ce que nous renvoie PIRLS ce n’est pas qu’un problème scolaire.

Article complet à retrouver sur  : http://www.cafepedagogique.net/sear...

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