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Le devenir du métier enseignant au prisme des attaques sur la formation

vendredi 2 avril 2021

Avec la réforme de la formation initiale qui s’appliquera dès la rentrée prochaine, la réforme du CAFIPEMF qui intègre dans le processus de certification des futur-es formateurs-trices certaines des obsessions du Ministre et le poids qu’a pris la question de la formation continue des enseignant-es en lien avec l’affirmation d’une GRH de proximité renouvelée, Jean-Michel Blanquer fait des enjeux de formation des enseignant-es un des enjeux majeurs de l’année à venir.

Ces questions, souvent jugées périphériques par les enseignant-es, vont revêtir une importance particulière, tant parce qu’elles deviendraient le terrain du déploiement des fondamentaux blanqueriens pour l’année qui vient, que parce que la formation serait un espace de transformation du métier vers une forme de dépossession de sa dimension cognitive et une plus grande mise sous tutelle de l’agir enseignant.

Ces réformes s’articulent tant entre elles qu’avec les autres déterminants de la politique Blanquer et vont participer de la transformation du métier (carrière des enseignant-es, les contenus enseignés...) et l’école (son organisation, ses principes…).

C’est pourquoi il nous faut à la fois continuer d’informer sur les réformes et transformations de la formation des enseignant-es, initiale comme continue, poursuivre et développer les mobilisations.

Formation initiale

La réforme de la FI initiée par la loi Blanquer ne répondra pas à l’enjeu de démocratisation de la réussite scolaire. Non seulement elle va dégrader encore les conditions de travail et d’études mais, en plus, elle engage une modification profonde de la conception même du métier enseignant pour le réduire à des tâches d’exécution de procédures prescrites.

Cette réforme s’articule autour de deux axes : contractualisation et précarisation des étudiant-es d’une part et un resserrement des contenus de formation d’autre part. Elle s’intègre ainsi parfaitement au projet du Ministre pour l’école : économiser des moyens, centrer les contenus de formation sur les fondamentaux, former des enseignant·es disposé·es à appliquer les consignes ministérielles plutôt que concepteur·trices et préparer un recours toujours plus important aux contractuel·les, en cohérence avec la loi de transformation de la Fonction Publique.

• Contractualisation des étudiant-es effectuant des missions d’enseignement : levier qui agit sur l’assujettissement d’une profession tant du côté des pratiques que du côté de la position de l’agent face à la hiérarchie.
◦ Du côté des pratiques : la place encore plus importante de la responsabilité de classe risque d’amener une surcharge considérable de la place du terrain qui ne permet pas de réfléchir ni de penser le métier.
Resserrement des contenus de formation sur les « fondamentaux » qui représenteront 55 % des enseignements dans les maquettes de MASTER MEEF.
• Conception d’une formation plus proche d’une forme de compagnonnage, apprentissage par mimétisme, avec un tuteur désigné dans l’école et une mission supplémentaire pour les directeur-trices.

Formation continue et transformation du métier de formateur-trice.

Contre toute attente, le ministère a initié à la fin du premier trimestre une modification des conditions de certification des formateurs-trices 1er degré. La réforme du CAFIPEMF est caractérisée par une centration sur les apprentissages dits fondamentaux, ce qui est cohérent avec le reste de la politique ministérielle, mais pas avec l’objectif de la démocratisation de la réussite scolaire. Ces autres caractéristiques sont un éloignement du rapport à la recherche, manifesté par l’abandon du mémoire et, une possible évolution de la fonction des titulaires du CAFIPEMF, manifesté par la volonté d’uniformisation des épreuves autour de l’acte de formation individuel. Conclusion Les réformes de la FI, les projets à l’étude sur la FC, ainsi que les nouveaux dispositifs sur les formateurs, permettraient de redessiner une autre école avec des personnels assujettis dès leur entrée dans le métier (et même avant le concours), individualisés à outrance dans leur propre parcours, et amenés à se former personnellement pour améliorer leurs conditions salariales.

Et si ces questions semblent concerner de prime abord les formateurs, formatrices et les entrants dans le métier, c’est bien la considération de ce qu’est le métier d’enseignant qui est en jeu. C’est donc l’affaire de toutes et tous.

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